CITOYENNETE ET SOLIDARITE SERAIENT-ELLES UN DELIT?


Le 17 avril dernier, à Roissy, trois personnes ont été placées en garde à vue pour avoir protesté dans un avion d'Air Méditerranée à destination de Bamako contre les conditions humiliantes d'expulsion de plusieurs sans papiers.
Afin que le vol se déroule dans des conditions normales de sécurité, le commandant de bord a demandé à la Police de l'Air et des Frontières (PAF) de débarquer avec les sans papiers expulsés en vertu de l'autorité qui est la sienne. Refusant de se plier à cette injonction, la PAF a procédé à un véritable coup de force en faisant appel à un groupe d'intervention pour faire évacuer les trois passagers jugés indésirables.
Mis en examen pour « entrave à circulation d'aéronef », délit passible de 5 ans d'emprisonnement et de 37500 euros d'amende, ils comparaissent le lundi 19 mai à 13 H 00 devant la 17ème chambre correctionnelle au Tribunal de Bobigny.
Ce cas n'est pas isolé : d'autres citoyens sont jugés deux jours plus tard, le 21 mai devant le même Tribunal pour des faits similaires.

En France, les personnes qui osent s'exprimer et agir en solidarité avec les étrangers victimes de pressions et de violences policières (sans papiers, Roms, « réfugiés ».) sont de plus en plus nombreuses à être inquiétées voire inculpées. A Calais, un habitant est aujourd'hui mis en examen pour avoir hébergé des « réfugiés » Kurdes et Afghans..

Monsieur Sarkozy, à travers sa loi sur la sécurité intérieure (LSI) et ses projets de loi contre les étrangers s'est fait le champion du tout sécuritaire et du tout répressif. Fichages, contrôles, rafles, charters, arrestations (plus de 6000 sans papiers en prison), procès se banalisent. Deux sans papiers ont été assassinés lors de leur expulsion dans deux vols d'Air France: Riccardo Barientos le 30 décembre 2002 et Mariam Hagos le 16 janvier 2003.

Il est urgent de réagir à cette attaque sans précédent contre les droits fondamentaux et la démocratie.

Appel à mobilisation pour la relaxe des inculpés des 19 et 21 mai, pour un embargo sur les expulsions, contre la politique liberticide de Sarkozy.

Un premier rassemblement est prévu le lundi 19 mai à 12h00, devant le Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Métro Bobigny-Pablo Picasso, terminus ligne 5)

Premiers signataires : Confédération paysanne, Droits devant ! !, le MIB, France Libertés, DAL, Co-errances.

Aux associations, syndicats et organisations, envoyez vos signatures de soutien à : leandre.chevalier@wanadoo.fr, tél. : 06 85 53 14 88, fax : 01 48 74 01 26